L’annonce du 17 janvier selon laquelle Washington imposerait des droits de douane punitifs de 10 à 25 % à huit alliés européens – à moins qu’ils ne facilitent « l’achat complet et total » du Groenland – sonnera probablement le glas de l’ordre transatlantique d’après 1945. En liant la souveraineté territoriale d’un allié de l’OTAN à l’accès au commerce, les États-Unis sont passés du statut de garant de la sécurité de l’Europe à celui de chercheur de rente impériale du XIXe siècle.
C’est un moment de rupture profonde. Pendant des décennies, le monde occidental a cru que l’impérialisme brut était relégué au passé parmi les puissances industrielles avancées. Même la Chine, malgré toute son assurance, formule largement ses ambitions dans le langage du revanchisme – la « reconquête » des territoires perdus. La demande actuelle de Washington pour le Groenland, en revanche, est un retour à l’é...
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